Vice et consentement : témoignage d’un cocu de la République

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Vice et consentement : témoignage d’un cocu de la République Par Gabriel DAHAN DEA en Droit Maritime Huissier de Justice (Ressort de NANTES 44 LOIRE ATLANTIQUE) 30 octobre 2014 www.huissier-justice-44.com

Au terme de cinq années d’études universitaires et de deux années passées auprès de trois maîtres de stage successifs dont je salue la patience et la pédagogie, je décidai à la fin de l’année 1988, de m’installer en qualité d’huissier de justice.

Les règles d’alors, toujours en vigueur à l’heure où j’écris ces lignes, m’ont contraint à ne pouvoir poser ma plaque en m’asseyant ailleurs que dans le fauteuil d’un prédécesseur.

Je décidai alors de respecter les règles du jeu en acquérant la finance d’un office d’huissier de justice rural aux confins de la Loire Atlantique, étude en suppléance compte tenu des 83 printemps du titulaire.

Il s’agissait de la seule alternative compatible avec mes moyens financiers ayant emprunté la totalité du montant exigé au titre du droit de présentation de la clientèle ou du moins de ce qu’il en restait, autrement dit « zéro patate ».

Je le savais et l’assumais : je ne devrais mon salut financier qu’à la sueur de mon front.

L’ambivalence entre le statut social et fiscal de professionnel libéral et la délégation de puissance publique m’apparaissait relever de l’hybride qui n’était pourtant pas à la mode mais pas de l’insurmontable.

Je signais donc là mon premier contrat moral avec la République.

Je devenais officier public et ministériel, droits et obligations à la clé.

Vingt-six années d’exercice et trois études plus tard c’est sous l’empire de ce contrat moral que je suis toujours huissier de justice , du moins à l’heure où je rédige ces lignes, avec néanmoins la crainte de voir un jour le ciel me tomber sur la tête et la ferme intention de ne pas me laisser tondre gratis. Je n’ai jamais joui du statut de rentier, pas plus que je n’entends devoir subir celui de sans-dent.

Jadis j’étais consentant car contraint de payer pour travailler, suprême hypocrisie de la soi-disant suppression de la vénalité des charges mise à part. Aujourd’hui je ne saurai admettre que les règles puissent être changées en cours de partie.

En conséquence de quoi, toute velléité étatique tendant à modifier ne serait-ce qu’une once de notre monopole, qui est de par sa nature indivisible, doit donner lieu à INDEMNISATION.

Nul doute qu’épingler notre profession à un tableau de chasse aurait un certain panache aux yeux de 60 millions de concitoyens (dont il conviendra quand même de déduire nos quelques 3200 têtes) à qui le Prince vertueux offrirait un trophée qui n’a bien évidemment rien de politique.

Le Prince n’est bien évidemment animé que de bonnes intentions teintées de justice sociale.

Mais le Prince va devoir mettre la main au porte-monnaie et ce au nom de l’EGALITE DES CITOYENS DEVANT LES CHARGES PUBLIQUES.

Rappelons-lui que toute atteinte faite par un intérêt général à un intérêt particulier doit obligatoirement donner lieu à JUSTE ET EQUITABLE INDEMNISATION.

Reste à savoir sur quel ton il faudra le lui rappeler.


Gabriel DAHAN
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